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Dans le cloaque

Jules Mary1895

MAURICE BARR’S

DANS LE CLOAQUEAU LECTEUR

On se rappelle les faits.

Le Figaro menait une violente campagne contre M. Caillaux, ministre des finances, et sa politique fiscale. Il l'accusait, notamment, d'avoir entrav’ le cours r’gulier de la justice pour servir l'escroc Rochette. Une note du procureur g’n—ral Fabre en faisait foi, disait-il.

Le 16 mars, Mme Caillaux vint aux bureaux du Figaro et tua — coups de revolver le directeur du journal, Gaston Calmette.

Ce document, le voici:

COUR D'APPEL DE PARIS
Proc’s-verbal-copie

Cabinet du procureur g’n—ral

Le pr’sident du Conseil me donna l'ordre d'obtenir du pr’sident de la chambre correctionnelle la remise de cette affaire apr’s les vacances judiciaires d'ao’t et septembre. J'ai protest’ avec —nergie, j'ai indiqu’ combien il m'—tait impossible de remplir une pareille mission; j'ai suppli’ qu'on laiss’t l'affaire Rochette suivre son cours normal. Le pr’sident du Conseil maintint ses ordres et m'invita — aller le revoir pour lui rendre compte. J'—tais indign—, je sentais bien que c'—taient les amis de Rochette qui avaient mont’ ce coup invraisemblable. “Le vendredi 24 mars, Me Maurice Bernard vint au parquet. Il me d’clara que c’dant aux sollicitations de son ami, le ministre des Finances, il allait se porter malade et demander la remise apr’s les grandes vacances de l'affaire Rochette.

“Il —crivit — ce magistrat. Celui-ci, que je n'avais pas vu, que je ne voulais pas voir, r’pondit par un refus. Me M. Bernard se montra fort irrit—. Il vint r’criminer aupr’s de moi et me fit comprendre par des allusions — peine voil’es qu'il —tait au courant de tout.

“Jamais je n'ai subi une telle humiliation.

V. FABRE.

“Le 31 mars 1911. —

Voici des pages —crites chaque soir au sortir des s’ances de la commission d'enqu’te. Tout le jour, depuis neuf heures et demie du matin, nous entendions les t’moins, ministres, anciens ministres, d’put’s, magistrats, journalistes, banquiers. Nous ne cessions gu’re qu'— sept heures et, parfois, plus tard. Je n'avais que le temps de jeter en h’te mes impressions, mes images et mes raisons sur des feuillets que l'on me prenait un — un pour l'imprimerie.

M. B.

5 avril 1914.

I - DEUX MA’TRES, DEUX ESCLAVES

(—crit le vendredi soir 20 mars 1914)

Madame, je n'ai pas l'honneur de vous conna’tre, mais je sais par exp’rience quelle est l'infamie de la presse immonde envers les sentiments les plus intimes et les plus sacr’s et quelle guerre elle m’ne contre la famille et les affaires priv’es les plus respectables de ceux qui luttent contres les privil’ges des riches et les men’es cl’ricales.

Vous en avez tu’ un, bravo!

Lorsqu'un homme en vient jusqu'— se mettre en dehors de la loi morale et — c’t’ des p’nalit’s civiles les plus efficaces, il n'est plus qu'un bandit. Et quand la soci’t’ ne vous fait pas justice, on n'a qu'— se faire justice soi-m’me.

Faites de ma lettre l'usage que vous voudrez et voyez en elle, avec mes respectueux hommages, le cri de la conscience d'un honn’te homme r’volt’ et d'un journaliste d’put’ —c’ur’ des proc’d—s de ceux qui d’shonorent la presse et le Parlement.

THALAMAS.

P.-S. — Ma femme, qui me prie de vous adresser l'expression de ses sympathies, vient de faire sur votre acte un article dans la D’p—che de Versailles, que je vous enverrai demain.

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